M. Safin / F. Vicente
6/1 6/3 6/1
Q. 51 % de premières balles, mais en fait, tu as pu atteindre 77, ou 78 % de premières balles au troisième set.
R. J'ai changé un petit peu, j'ai essayé d'augmenter mon pourcentage de premières balles, mais j'ai baissé la vitesse.
Les conditions étaient venteuses, des conditions difficiles, et puis c'était le premier match, toujours difficile.
J'étais fébrile et nerveux, c'est difficile de faire quelque chose de bien aujourd'hui, parce qu'on veut remporter le match, passer le premier tour. C'est ce qui m'importe, et ce n'est pas simple.
Q. Ta forme sur terre battue, juste avant le tournoi de Roland Garros, il y a eu des hauts et des bas. Comment peux-tu renverser la vapeur ?
R. Il n'y a pas eu de hauts ni des bas, pas de bas, que des hauts.
Je n'ai rien fait de spécial sur terre battue, j'ai eu des matches difficiles à Monte-Carlo, Rome et Hambourg. Aujourd'hui, c'est différent. C'est 5 sets, un gros tournoi... Vous savez, beaucoup de choses changent ici, à Roland Garros.
Ici, j'ai davantage de confiance si je joue 5 sets, parce que même si je ne joue pas très bien, j'ai la possibilité de refaire mon retard, et jouer mieux au fil du match, sur 5 sets, c'est clair !
Q. Tu as remporté l'US Open, dans quelle mesure cela a-t-il changé ta carrière ?
R. Cela fait tellement longtemps que je ne me souviens plus ce que j'ai ressenti à l'époque. Il y a eu différentes étapes dans ma carrière, entre 21 et 27 ans, j'ai eu beaucoup de hauts et de bas, beaucoup de moments difficiles. J'ai été blessé deux fois.
Q. Mais est-ce que la perception des gens a changé ?
R. Oui, c'est bien de gagner un Grand Chelem, plutôt que de ne pas gagner du tout, donc je peux dire avoir fait mon travail, mais je vais continuer à gagner des Grands Chelems, parce que c'est très bon pour la confiance.
J'en ai au moins remporté un, et cela fait une très grande de différence.
Cela fait un grand soulagement d'en remporter un, et c'est plus simple ensuite de jouer.
On a moins de pression quand on a remporté un Grand Chelem, la pression est moindre, c'est clair.
C'est ce que je pense, mais les premiers tours sont toujours difficiles.
Q. Ne te dis-tu pas que tu aurais pu gagner ici ?
R. Oui, c'était en 2000, j'ai perdu contre Norman, j'étais un petit peu déçu, parce que c'était un match difficile et que j'aurais pu l'emporter.
Depuis, je n'ai pas très bien joué, j'ai fait une finale à Hambourg ainsi qu'à Majorque, et, bien sûr, je suis arrivé ici... J'essaie d'atteindre les quarts de finale, mais, par le passé, je n'ai pas très bien joué. Et, en quarts de finale, je n'ai pas eu beaucoup de chance.
J'ai joué une demi-finale contre Ferrero et je n'ai pas bien joué pendant les deux semaines.
Mais j'ai atteint les demi-finales et ai pu jouer contre Ferrero. Ce fut un match superbe.
Je n'avais pas de soutien à cette époque, pas de coach, pas d'entraîneur qui aurait pu m'épauler, m'aider.
Je pense que j'aurais pu faire quelque chose de mieux cette année.
Q. Les conditions météorologiques sont mauvaises ?
R. Oui, c'est dur de jouer dans ces conditions, il pleut, la pluie s'arrête, il vente... Tout dépend du temps... On joue, mais dans votre esprit, il faut penser aux conditions... On se dit, je vais m'arrêter, le match va être interrompu, peut-être reporté à demain... Aujourd'hui, j'ai eu de la chance de pouvoir plier le match rapidement !
Q. Il semblerait que les conditions vont se poursuivre... Comment ça va se passer à Paris ?
R. Je vais attendre de passer le deuxième tour et de remporter mon premier match. On verra bien, je ferai avec le temps. Je ne sais pas, mais il faudra que je m'occupe, je ne sais pas comment, mais je vais m'occuper.
Q. Est-ce le Grand Chelem ou tu te sens le mieux ?
R. C'est ma surface préférée. Je n'ai pas obtenu de résultats sur terre battue au cours des deux dernières années, mais j'adore venir à Paris, jouer sur terre battue.
J'adore les cours ici, les cours sont grands, les rebonds et le public parfaits ! Même s'il pleut, beaucoup de personnes viennent nous voir. J'adore venir à Paris ; venir à Paris, c'est véritablement mon endroit.
Q. On se demande si tu peux jouer ton meilleur niveau ? Comment sais-tu que tu peux jouer ton meilleur niveau ?
R. Je sais que je peux jouer mon meilleur niveau, mais il faut être patient, et passer quelques tours pour avoir la cadence, pour trouver le rythme.
Les premiers tours sont toujours difficiles, il faut avoir du rythme, un bon timing.
J'ai envie de pratiquer un beau tennis. Si je joue bien les premiers tours, je dirai que c'est bien.
Et si je joue bien les premiers tours, les adversaires auront des problèmes.
Dans les tournois précédents, j'ai souvent perdu au premier tour, et ça ne donne pas de confiance.
J'espère que je pourrai aligner quelques matches, et si c'est le cas, j'aurais davantage de confiance, et je serai alors dangereux.
J'espère que j'aurais mon timing et, surtout, une belle aisance.
Q. Marat, Rafael NADAL et Roger FEDERER, penses-tu que ce sont les deux gros favoris pour arriver en finale ? Et toi, où te situes-tu ?
R. Bien sûr, ce sont les favoris. Cela fait déjà trois ans qu'ils sont en tête du classement mondial, et je crois que personne ne peut rivaliser avec eux, notamment sur terre battue. Ce sera difficile. Roger ou Nadal peuvent remporter le tournoi, c'est clair.
Roger l'a battu à Hambourg en lui infligeant un sacré 6/0 ! Je crois que Roger a trouvé un petit peu la façon dont jouer contre Rafa. Mais Rafa a beaucoup de tournois et de victoires sur terre battue à son actif.
Je ne suis pas sûr que le résultat de Hambourg fasse la différence, mais c'est un avantage pour Nadal.
Il sera plus prudent, il fera attention. Ce sera un match difficile, mais je dirai 50/50... Cela dépend de leur départ, de leur entame dans le tournoi, de l'évolution des matches. On verra bien qui aura un petit peu peur !
Q. A Monte-Carlo tu as eu des balles de match que tu as laissé échapper.
T'a-t-il fallu du temps pour surmonter cela ?
R. Cela n'a pas été facile pour moi. Je jouais un superbe tennis. Ma prestation était remarquable. J'ai laissé les matches m'échapper... C'était un défi pour moi, ensuite... Vous savez, c'est dur ce type de défaite. Pour la confiance, ce n'est pas très bon... Lorsque vous jouez bien et que vous perdez ce type de match, c'est plutôt dur ; il faut aller de l'avant, continuer.
C'est ce que je fais !
Q. Tu vas jouer contre un Serbe au prochain tour. Contre Tipsarevic ou Dusan Vemic.
R. J'ai joué contre Tipsarevic à Moscou, il était en avance d'un break. Il a beaucoup d'expérience, c'est un bon joueur, c'est vrai qu'il a joué contre Nalbandian cette année.
C'est un joueur qui a de l'expérience, je le connais très bien. C'est un grand serveur. On verra comment cela se terminera, mais je que pense ce sera pour moi un match assez difficile.
Tipsarevic, je le connais depuis 1997, soit 10 ans. Je les connais tous les deux très bien, parce que je les ai croisés en double.
Q. Ton adversaire espagnol n'a pas montré un esprit de pugnacité ?
R. Il y a des choses à comprendre, c'est vrai qu'il était aux qualifications, il a eu des matchs particulièrement coriaces, et aujourd'hui, il n'était peut-être pas dans le coup. C'est très difficile de jouer les qualifications et de venir dans le grand tableau.
C'était difficile pour lui de jouer un très grand niveau et de l'emporter. C'est difficile, dur pour lui, parce qu'il était blessé durant un petit moment. Et quand on joue dans le grand tableau, c'est différent. Mais on peut lui accorder beaucoup de crédit, parce qu'il a passé le tour des qualifications, il est dans le grand tableau et a bien joué.
Il va essayer de revenir dans les tournois challengers pour revenir dans les 200 premiers. Ce n'est pas simple !
Q. Roger a perdu deux fois contre Canas aux Etats-Unis et contre Volandri à Rome. Que se sont dit les joueurs ? Vous êtes-vous dit que Roger est maintenant vulnérable ?
R. il a perdu trois matches au début de l'année, mais cela ne veut pas dire qu'il n'est plus bon. Il a suffisamment de confiance, un jeu suffisamment bon pour se sortir de ce mauvais pas.
Bien sûr, tout le monde attend le faux pas de Roger et, bien sûr, tout le monde se demande qui va le battre, mais il arrive très bien à gérer la pression. Peu importe que vous perdiez deux fois ou cinq fois contre Canas ou Volandri à Rome. Cela n'a pas d'importance.
Il a battu Nadal lors de la finale de Hambourg, cela importe peu qu'il ait perdu.
Il est numéro 1 depuis longtemps, et personne ne peut rien y faire, c'est ainsi.
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